Vendredi 10 octobre 2008
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Songez un peu à la cruauté de ce monde ...
Et visualisez votre cadrette, mignonne comme tout, le mercredi 21 mai ( lendemain du 20 mai, jour du JOUR 13 ( ce détail a son importance si on croit un tant soit peu à Paco Rabanne. Bref, concentrez-vous donc un peu ), arrivant benoîtement si ce n'est précipitamment sur le
coup des 13h30 dans son emploi.
Et là, non mais j'y crois toujours pas 5 mois plus tard, LA NOUVELLE PAS BELLE se pointe dans mon burlingue et me demande de la suivre.
Et me remet une convocation pour entretien préalable à licenciement ( remarquez, ça m'aurait étonnée que ce soit un carton pour les soldes privées
d'APC , hein ) et me dit, non mais j't'en fouterais, que j'ai 5 minutes pour quitter la place.
Bon, je vous passe les détails qui disent à peu prés qu'elle a eu tellement les chocottes que je la pierce avec des trombones , qu'elle s'est enfermée dans son
bureau. A double tour. C'est mal, mais j'avoue que ça m'a bien fait glousser. Et ça m'a laissé le temps de :
- Crasher ma messagerie ( savais pas du tout ce qu'ils avaient à me reprocher, mais bon, au bout de 10 ans, on prend de mauvaises habitudes, et là dedans, ils
avaient de quoi virer toute ma famille et les 5 générations futures )
- Chercher fébrilement où j'avais bien pu garer mes 5 derniers bulletins d'imposition, mes lettres de motiv' ( la première est datée du 5 juillet 1999. suis rentrée
dans cette entreprise le 14 juin 1999. Ouais, bon .. ), mon chéquier, mon bras de King Kong ( taille réelle. Marvellous ), la liste des prochaines projection de presse, mon dernier compte-rendu
de frottis, et aussi, merde bordel, c'est où, les recettes imprimées du site Marmiton ( ben, ouais, précieux, ça m'avait bien pris une bonne semaine, entre les recherches,
l'impression, le reliage, tout ça .. )
Bon, j'ai tout retrouvé, à peu prés, y compris les notes prises aux dernières réunions auxquelles j'ai assisté ( téléphoner à mamie. acheter de la farine de
blé noir. bref, du confidentiel défense ), j'ai fais mon petit sac, et me v'là dehors.
Pas une tête ne dépassait des autres bureaux, suis donc sortie comme ça, avec pas un regard, pas un adieu, que dalle. Et dans l'ignorance totale de ce que l'on
avait à me reprocher, sans une explication, ni une idée de mon futur proche, ni de rien de rien.
Je me suis retrouvée sur les Champs, grouillant de monde, un peu sonnée, partagée entre un grand sentiment de soulagement et une légère appréhension ( mais
qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour qu'on me traite comme si j'étais une enveloppe d'anthrax ?? ).
Il faisait beau, et j'étais au chômage.